Ce vendredi là, il était prévu de jouer tout le samedi. La faute aux nombreuses équipes engagées pour ce tournoi des 20 ans du Corto. Et pas des moindres, puisque les champions de Norvège, le Rugby Klubb d’ Öslo en faisait partie. Accompagné de son équipe féminine, pour le plus grand bonheur des joueurs masculins qui se réjouissaient d’avance de pouvoir taquine la blonde scandinave à la quatrième mi temps. Mais attention, les scandinaves, c’est comme les meubles Ikéa, ce n’est pas facile à monter.
Et quand tu crois y arriver, des fois faut tout reprendre à zéro. Bref, pas forcément une partie de plaisir. Il y avait aussi les Old Hirelings, un mélange de vétérans britannisants aux couleurs du stade français, enfin aux anciennes couleurs, les vraies, le bleu et rouge. Pas le rose ou le vert caca d’oie. Et bien entendu les plus classiques équipes de Sanofi, et évidemment du Corto, qui alignait deux formations dans le tournoi.
Nous arrivons donc sur le pré à peu près à l’heure prévue, avec les péripéties d’usage. Moi en retard vu que je me suis rendu compte en cours de trajet que j’avais oublié mon sac à la maison. Nano a été oublié chez lui suite à bug de communication des sétois. C’est ti? non c’est toi, . Non c’est lui, finalement ce ne fut personne. Bref, la routine. Mais on a quand même les maillots, la pharmacie, et les deux Présidents, c’est le principal. Coté joueurs, c’est la portion congrue. Il ne reste que les plus braves, qui ont préféré faire honneur à leur maillot plutôt que de succomber à l’appel des sirènes de la féria de Nimes et de leurs embuscades sagement organisées. Les plus sages, quoi. Heureusement, le coach a pu récupérer quelques joueurs de l’équipe première en mal de sensations fortes, qui viendront avantageusement compléter l’effectif osdevien. Et un petit nouveau, Fred, surnommé l’ albatros, à cause de ses 2m14 d’envergure. Un seul entrainement, premier match, son baptême aujourd’hui. Du ballon ovale seulement, puisque le sport, il connait un peu, avec quelques dizaines de sélections en équipe de France de volley. De quoi exploser le palmarès de Tralléro. Et peut être la fin de nos soucis en touche grâce à lui? Pas besoin de le lever tellement qu’il est grand. Faut dire que déjà avant de sauter, les lifteurs ont déjà les bras tendus tellement il a de grandes jambes. Apres un café-croissant offert par nos hôtes, nous attaquons la mise en tenue et en condition, pendant que le coach compte et recompte péniblement ses troupes. Un effectif inférieur à 15, de quoi faire beuguer son tout nouvel Ipad tout neuf, modèle Clairefontaine version 96 pages A4. Heureusement, nos premiers adversaires seront encore plus mal lotis, puisqu’ils ne seront pas plus nombreux qu’une douzaine d’huitres dans leur bourriche.
La décision sera prise de jouer à 12 contre 12, malgré la largeur du terrain plus que réglementaire puisqu’il s’agit d’un terrain de foot. Un terrain synthétique, on connait désormais, sortez la Biafine. Non, le plastique, ce n’est pas fantastique. Nous, on préfère au naturel. Enfin j’me comprends. Mais bon, pas le choix, donc en piste pour l’ouverture du tournoi contre les Old Hirelings.
D’entrée, nos jeunes apporteront leur dynamisme , allié à la sagesse de leurs respectables et très vénérables ainés, et le cocktail sera explosif. Un adversaire en fera les frais, il sortira la figure en sang pour se faire soigner avant de reprendre en seconde mi temps. C’eut été au foot, il aurait eu 6 mois d’arrêt. Forts de cette supériorité numérique temporaire, les Os de Vie s’ouvriront quelques grands espaces, baladant leurs adversaires jusqu’à leur transpercer la défense à 2 reprises, avant de se faire contrer et d’encaisser un essai. Quant à l’arbitre, notre international Michel P., il se trouvera des airs de Richard Anthony avec ses « ballon rouge » ou « ballon jaune », « ballon bleu ». Sans les cheveux. Eh oui, le soleil commence à cogner. Enfin j’me comprends. La deuxième mi temps sera du même fût, ou plutôt du même tonneau. Deux nouveaux essais seront marqués par les muscatiers et un sera encaissé sur un ballon lâchement arraché à un joueur que je ne nommerai pas, car on sait que Christian est très susceptible, et qu’on en a encore besoin. Donc au final, victoire des bleus et jaunes 4 essais à 2.
Mais pas le temps de pavoiser, il faut enchainer pour le deuxième match, sous le soleil qui commence à chauffer presque autant que nos brulures sur ce ****** de terrain synthétique (oui, vous aurez compris, j’aime pas le plastique). Face au Corto (équipe 2), notre bête noire. Pas seulement parce qu’ils jouent en noirs, mais aussi parce qu’on éprouve régulièrement quelques difficultés face à eux. Mais faut y aller, on est chauds, ils sont frais. Et on profite des retardataires qui sont arrivés pour former une vraie équipe de 15 joueurs, avec l’aide d’un transfuge parisien.
Le match est rude comme prévu, engagé même, mais stérile. De l’impact, des tampons, quelques belles actions, mais une seule sera conclue par l’atteinte de la ligne d’en but adverse. En notre faveur. C’est donc sur la plus petite des marges que les Os de Vie vaincront leurs adversaires. Une victoire courte, mais belle. Comme quoi des fois les plus courtes peuvent aussi être agréables. Enfin j’me comprends.
Troisième match le la poule, nous sommes au repos. Mais comme les Parisiens nous ont aidés lors du dernier match, l’amour du jeu aidant, nous ne pouvons que leur rendre la pareille, et enfiler les maillots rouges et bleus afin de les aider à infliger une nouvelle défaite au Corto2. Chose pas facile, mais la hargne et l’engagement de l’équipe recomposée permettront de prendre le pas sur nos hôtes. Pas très poli, mais c’est le jeu, non?
Fin de la matinée et des matches de poule, sous le soleil et sous les yeux de spectateurs -et tâteuses- confortablement installés dans les tribunes, et déjà c’est l’heure de l’apéro. Nous rejoignons donc le stade principal, où les autres équipes (Corto1, Oslo et les Pingouins de Sanofi) n’ont pas encore fini d’en découdre, ce qui nous permettra de prendre un peu d’avance sur la réhydratation, en attendant que les grillades atteignent leur degré de cuisson optimal.

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